Vu du balcon… « Borborygmes »

 

 

Coline Garcia – Nathalie Bertholiot

Des bruits étranges et rigolos, venus du ventre, du cœur, du corps. Dans le studio Bagouet, les petits, tout petits spectateurs, regardent et écoutent. Ils entendent d’abord la voix d’une petite fille. Elle décrit son corps : elle a une bouche, des dents « roses et blanches », des bras, des jambes, des cheveux. Elle s’y connaît en cheveux : il y a les noirs, les blonds, les jaunes et les verts… enfin ça c’est pas vrai !

Ce samedi-là, on regarde Nathalie Bertholiot, mais on aurait aussi pu voir Coline Garcia, créatrice de ce spectacle de cirque jeune public et co-directrice de la compagnie SCoM. Nathalie, en T-Shirt blanc, salopette blanche, ressemble au personnage d’une illustration enfantine.  Elle joue avec un agrès de crique vaguement familier, globalement étrange : un portique de balançoire qui soutient de longues cordes blanches et un écran à droite. Au début, les cordes sont aussi des cheveux parce qu’on peut les tresser, ou des balançoires, ou un rideau, ou un trapèze, ou des cordes lisses… La comédienne est très près du sol mais donne l’impression d’évoluer en hauteur. A droite, l’image vidéo s’anime et complète l’image réelle. La comédienne est bien là mais une partie de son corps apparaît en vidéo sur l’écran : le bras, la jambe. Puis elle est tout entière absorbée dans l’écran : la même, sans salopette, sans t-shirt… sans corps : en squelette… avec sa salopette mais en garçon barbu… Coline Garcia explique son projet : « Au travers des grimaces, des sensations, des bruits, des gestes, des mimiques, des émotions, j’ai voulu éprouver la dualité́ du corps fonctionnel et du corps imaginé. ». La création vidéo et la création sonore sont à égalité avec la performance de la comédienne. Ce sont autant de bruits, d’images, d’évocations qui parlent aux spectateurs parce qu’ils sont tous pareils, les filles et les garçons, et parce qu’ils sont tous différents.

Borborygmes©Diane Barbier5
©Diane Barbier

Borborygmes traite du corps, des organes, des bruits du ventre et des fesses, de l’eau qui coule dans l’estomac et de la pomme qu’on croque. La salle s’anime et parmi ce très jeune public fusent des rires, des remarques qui manifestent qu’on est autant en pays de connaissance qu’en terres d’exploration ! La comédienne accompagne l’interrogation universelle de chacun sur le corps : le dehors et le dedans, sur l’autre qui me ressemble mais qui est différent par tellement de petits détails qui le rendent, comme moi, unique ! Pour Coline Garcia, « ce spectacle est avant tout une performance circassienne qui refuse le parti pris de la naïveté et de l’infantilisation. Il souhaite faire une parenthèse temporelle pour apprendre de l’autre et de nous-mêmes, pour être curieux, pour oser demander, pour regarder la vie. »

Borborygmes est un spectacle poétique, qui laisse la part belle à l’émotion, la sensation, le rêve : on vole au-dessus des nuages roses. On imagine. Mais on voit aussi, on comprend : la pomme mâchée tombe dans l’estomac ! En parallèle de la performance de la comédienne-circassienne, l’écran montre des gros-plans sur des corps très différents par la couleur, l’âge, etc. Tous identiques, tous différents. Tous possesseurs d’une incroyable machine : le corps !

J’ai la rate qui s’dilate

J’ai le foie qu’est pas droit

J’ai le ventre qui se rentre

J’ai l’pylore qui s’colore

J’ai l’gésier anémié

 

Bénédicte Forgeron-Chiavini

 

Pour tout savoir sur ce spectacle au Théâtre d’Angoulême : Borborygmes au théâtre d’Angoulême

Pour tout savoir sur la compagnie : Vers la compagnie SCOM

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