Vu du balcon… Bosch dreams

Bosch©Morten Abrahamsen7

Bosch dreams – Les 7 doigts

D’un côté Le Jardin des délices, un triptyque énigmatique peint sur bois, de l’autre le cirque.
Jerhonimus Bosch est mourant vers 1516, il y a 5 siècles. Au pied de son lit, d’étranges créatures sorties de ces rêves, de son imaginaire et de quelques coins de toiles, veillent. Une jeune fille moderne habillée de rouge et vert vient prendre la boule, le ballon symbolique des rêves de Bosch. Elle va ainsi traverser son imaginaire, Le Jardin des délices, son œuvre. Peuplée de fleurs étranges, d’animaux inquiétants, d’hommes et femmes nus et sensuels, d’inventions déroutantes et de personnages malveillants, la palette de Bosch se développe. Le fil conducteur est un conférencier chercheur, qui consacre sa vie à Bosch, et néglige un peu sa fille, habillée de rouge et vert. On croise, comme des incrustations dans l’œuvre, dans le temps et l’art, Jim Morrison se balançant dans l’anneau d’une clef au-dessus de fleurs devenues psychédéliques, et Salvatore Dali, arpentant le Prado de Madrid. Finalement, la jeune fille retrouve le maître pour lui rendre son imaginaire. Il l’offre définitivement, à elle, aux spectateurs, et expire.

D’un côté, le public est émerveillé par ce qu’il voit : le tableau de Bosch s’anime, s’incarne. Le travail sur le bestiaire est remarquable et l’animation, l’incrustation des artistes dans la peinture, très réussis. La vidéo et l’animation d’Ange Poitiers, diffusées au lointain sur un cyclorama et à l’avant-scène sur un rideau ajouré, créent profondeur et relief, de la 3D qui absorbe les spectateurs. L’utilisation de la double projection est bluffante ! Il y a des moments de grande beauté : l’acrobate nue dans sa bulle aux contours fragiles, des mouvements inattendus dans une toile qu’on croyait fixe, les pas atypiques et chaloupés d’une créature mi-oiseau, mi-cheval. Accessoires, costumes, masques, maquillages sont tout droit sortis des toiles de Bosch avec une fidélité étonnante ! L’apparition du monstre poisson qui glisse sur l’avant-scène cristallise tous les regards, chacun tendant le cou sous l’impulsion de la curiosité. Des moments de grâce, suspendus.

Mais de l’autre, les amateurs de cirque restent sur leur faim car les prestations sont espacées de moments parfois un peu creux de remplissage. On regrette par exemple qu’il n’y ait pas davantage de tableaux d’ensemble, surtout pour parler de l’univers choral de Bosch. Le fil rouge a paru facile à certains : le conférencier, déjà vu pour aborder un peintre, et sa fille, point de vue naïf pénétrant dans un monde merveilleux. Oui, c’est assez inégal, entre éblouissement et facilité, poésie et utilisation de standards comme Morrison et Dali, utilisés jusqu’à la corde.

Quoi qu’il en soit, Bosch Dreams est une expérience visuelle à part !

B. F-C

Bosch©Morten Abrahamsen1

Crédit photos: Morten Abrahamsen

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