Retour sur un spectacle: Le Palais hanté d’Edgar Allan Poe

 

Article rédigé par une spectatrice enthousiaste

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Vu du balcon…

Le Palais Hanté d’Edgard Allan Poe

Tiger Lillies et Paul Golub

 

Dans la plus verte de nos vallées par de bons anges occupée, jadis un beau palais majestueux, rayonnant palais ! dressait le front. — Dans les domaines du monarque Pensée — c’était là son site — jamais séraphin ne déploya de plumes sur une construction à moitié aussi belle.

Le Palais hanté, traduction Stéphane Mallarmé, 1889

Ainsi s’amorce «Le Palais hanté », poème d’Edgard Allan Poe !

Sur scène, ce 18 octobre, à quelques jours de la fête des morts, s’est déployé un autre palais hanté. Une boîte à musique diabolique et loufoque, un cabinet de curiosité d’un autre temps, où va être disséqué le cas scientifique d’un poète qui a perdu la tête, décapité !

Parcours musical, remarquablement interprété par Martyn Jacques, le chanteur envoûtant à la voix de haute-contre des Tiger Lillies. Le trio londonien, grimé de blanc et noir, joue magnifiquement des compositions qui collent à la peau du poète et englue le personnage vers sa perdition ! Sur scène, les instruments font échos à l’ambiance de ce cabinet inattendu : thérémine étrange des années 1920, scie musicale qui annonce la scie finale. La voix du Corbeau-chanteur raille le pauvre poète. Le Corbeau, éponyme de la nouvelle qui impulse le succès de Poe en 1845, se déploie et chante avec moquerie la voie funeste où il entraîne sa proie. On est transporté dans un univers inquiétant qui fonctionne absolument grâce au vidéaste Marc Holthusen. Là, un pauvre poète vend son âme au Corbeau pour une plume (allusion à la revue de Poe The Penn) et un peu d’encre. Le motif de l’encre s’étend et se multiplie : encre, alcool, drogue qui évoque les Nouvelles extraordinaires, sang du poète. Sous les notes de la chanson où le Corbeau affirme I hate Love, it makes me sick, le poète rencontre sa Virginia (épouse de Poe) sous le nom d’Alianor, d’Annabel Lee, peu importe. La vie et les textes de Poe se confondent comme les idées déformées du poète qui ne sait plus si la jeune femme meurt de tuberculose, mal qui emporte Virginia Poe, ou s’il l’assassine. Il achève son parcours par une mort suspecte, comme de bien entendu, à Baltimore ! Menés au bout de l’expérience, entre rire et horreur, les spectateurs n’en sortent pas indemnes !

 

Quelques commentaires de lycéens (lycée Marguerite de Valois)

« Un spectacle universellement bizarre »                                   « des comédiens atypiques »

« L’ambivalence spectaculaire des musiciens m’a époustouflée »

« Un palais hanté totalement déclassé »              « remarquable l’actrice qui joue l’assistante inquiétante, la mère, la fiancée et l’infirmière »

« un monde magique où le poète perd sa tête au rythme de musiques envoûtantes »

« je me suis sentie gênée et perdue » « pour une fois j’ai été captivée du début à la fin » « à un moment on ne savait plus si c’était la tête en cire du poète ou l’acteur »

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