Retour sur un spectacle: « La nuit où le jour s’est levé »

la_nuit_où_le_jour_s'est levé©Christophe Raynaud de Lage6

Billet d’humeur écrit par Emma Robion, élève de Terminale L au Lycée Saint Paul-Angoulême.

 

La nuit où le jour s’est levé est une pièce co-écrite par Sylvain LEVEY, Magali MOUGEL et Catherine VERLAGUET, et mise en scène par Olivier LETELLIER. L’histoire se situe au début des années 80. Suzanne décide de partir au Brésil, grâce à l’argent qu’elle a reçu d’un héritage. Son périple finit par la conduire dans un couvent, où elle assistera à un accouchement sous X. Pendant un moment, elle s’occupe du bébé, pour finalement ne jamais le quitter. S’ensuit tout un parcours du combattant pour devenir la mère adoptive de ce bébé. L’histoire est racontée par trois comédiens dont un circassien donnant une dimension artistique (ou plutôt acrobatique) très forte au spectacle. Le décor, quant à lui, est très minimaliste. Il est composé de deux pentes circulaires et d’un cerceau.

Ce qui m’a le plus marquée dans cette pièce, c’est sa capacité à nous transmettre une©Christophe Raynaud de Lage1 émotion. Tout d’abord, le sujet en lui-même ne peut que toucher puisqu’il raconte un acte pur et gratuit, l’engagement maternel est traité d’une façon si juste qu’il ne tombe pas dans la mièvrerie sûrement grâce aux comédiens qui jouent avec une incroyable énergie ainsi que beaucoup d’humour. D’un autre côté, le cerceau, véritable quatrième comédien à part entière, concentre de nombreux symboles et significations. En effet, il peut être comparé au cercle protecteur qui unit l’héroïne et l’enfant montrant l’union, ou encore l’anneau de mariage signifiant ainsi l’engagement. Mais il peut aussi devenir le danger lorsque l’héroïne se retrouve prise au piège dans le cerceau au niveau de la frontière franco-espagnole. Le cerceau enfin devient le bébé, c’est pour cela qu’à certains moments, il est caressé, touché avec douceur et qu’à d’autres moments il devient un fardeau pour l’héroïne engagé dans un périple des plus difficiles.

Même après plusieurs mois, je reste fascinée et admirative par la qualité de ce spectacle ainsi que les multiples utilisations de ce spectacle (par les multiples questions qu’il suscite en moi). En effet, il laisse une surface de projection pour le spectateur nous donnant la capacité de nous identifier et de nous faire voyager avec l’héroïne.

Enfin, j’aimerais mettre un point d’honneur à souligner la présence sur scène d’un comédien-interprète en langue des signes qui permettait à des personnes pour qui le théâtre reste un monde peu accessible de s’y rendre et de l’apprécier comme n’importe quel autre spectateur. D’autant plus, que cette présence ajoute une dimension artistique encore plus forte grâce à la beauté des gestes de cette langue.

Emma ROBION

 

Photos: Christophe Raynaud de Lage

 

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